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Copyright © 2012 Les Cerfs-volantstylistes  

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Fin septembre, c’est le moment de rentrer à la maison et de s’asseoir devant notre ordinateur, notre livre de notes en main et nos rouleaux de tissus bien en vus. Le café, laissé dans les tasses, se refroidit laissant un cerne sur la table à dessin, le processus est bien enclenché, c’est notre période de création!

C’est un moment de fébrilité, de brainstorming fantastique, l’étape la plus cruelle de toutes car elle nous amène à nous dépasser, à nous laisser aller et explorer toutes les alternatives, aussi folles puissent elles être, sans savoir vraiment ce que sera le résultat final.

Quelques esquisses, beaucoup de rejets car il faut se réinventer et ne pas tomber dans le déjà vu. On juge les croquis de l’autre, on se fait juger. On parcourt le regard de notre partenaire en espérant que les traits, grossièrement laissés sur le rebord d’un vieux papier, déclenchent l’euphorie! A deux, c’est le point de départ que l’on recherche, que l’on explore et que l’on trouve. Une merveilleuse complicité dans le nous sans pour autant se perdre comme individu, comme créateur et comme artiste.  

On décide des couleurs et des textures. On s’égare dans les allées des magasins, on respire l’odeur des tissus que l’on touche et retouche pour mieux sentir les fibres, on aime, on déteste, on contemple, on révise le budget dans notre tête et on quitte heureux et excité avec un sac bien garni. On  se sent comme de grands gagnants, on a le sentiment de posséder un trésor dans notre sac que l’on tient fermement. Le retour à la maison se fait avec les voix qui s’entremêlent de toutes nos idées qui dépassent notre tête. On rentre à la maison comme des gamins qui ne se possèdent plus de vouloir s’amuser avec leur nouveau jeu. Sur la table brillent des couleurs, des paillettes, de la ficelle et des rubans. On admire, c’est un heureux début.

Les mains moites, le regard hasardeux, on cherche les ciseaux, on embobine l’aiguille, il faut être précis car c’est là que les copains jugeront si on est bon dans la couture. C’est , chacun dans son petit coin de l’atelier que peu à peu prend forme notre nouvelle création. Le bruit de la machine à coudre nous étourdira quelque temps mais on sait qu’au bout de la bobine de fil, on aura réussi à créer une nouvelle sculpture volante que l’on fera voler fièrement au nouveau printemps!

Pour nous la création d’un nouveau cerf-volant, c’est à chaque fois un apprentissage, une recherche de forme et de représentation. Sur chaque toile on transporte un peu de nous, c’est sûrement pour cette raison qu’on appréhende la critique même si cette œuvre, c’est avant tout pour notre plaisir qu’on la conçoit.

Seul, entre copains, dans notre parc préféré ou à l’autre bout de l’océan, les pieds dans le sable ou la botte sur la glace, de jour ou sous la lueur des réverbères, ces formes colorées que nous donnons aux tissus s’unissent  pour costumer le ciel et colorer le vent!

 

Christine Mc Gee & Daniel Rémillard